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Les activités scientifiques > Les agents > Algues vertes

Risques sanitaires liés aux gaz émis par les algues vertes en putréfaction

Chaque été depuis plus de 30 ans, les côtes françaises et en particulier bretonnes sont touchées par des « marées vertes ». Ces échouages massifs d’algues vertes sur les plages, au-delà de leur impact visuel spectaculaire pénalisant les activités touristiques, entrainent des dégagements importants de gaz lors de leur putréfaction, notamment de sulfure d’hydrogène (H2S), qui peuvent être à l’origine de nuisances olfactives et de troubles sanitaires pour les promeneurs et les riverains des plages. Pour remédier à cette pollution, certaines plages font l’objet de ramassages exposant ainsi plus particulièrement les travailleurs à ces gaz.

Les causes de ces marées vertes sont un excès de nitrates apportés par les activités humaines et une configuration physique des baies favorisant la prolifération des algues.

Pour tenter d’endiguer ce phénomène, le gouvernement a élaboré un plan quinquennal de lutte contre les algues vertes en février 2010. L’objectif de ce plan est d’assurer une gestion irréprochable des algues vertes et d’engager des actions pour réduire les flux de nitrates dès 2010-2011 pour aboutir à échéance de 2015 à une réduction des flux de nitrates de 30 à 40 % au moins dans les 8 baies « algues vertes » identifiées dans le Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin Loire-Bretagne. Le plan comprend trois volets menés en parallèle :

 un volet préventif comprenant les actions à mettre en œuvre pour limiter les flux d’azote vers les côtes (amélioration des techniques de traitement des effluents et eaux usées générées par les activités industrielles ou agricoles ainsi que les collectivités locales, aménagement du territoire, changement des pratiques agricoles) ;
 un volet portant sur l’amélioration des connaissances et la gestion des risques ;
 un volet relatif aux actions curatives : amélioration du ramassage et développement des capacités de traitement des algues échouées.

 C’est dans le cadre de ce plan que l’Anses a été saisie le 23 février 2010 par les ministères chargés de l’écologie, du travail et de la santé afin :

1. d’identifier le spectre complet des gaz émis par les algues et les risques associés, en fonction des concentrations, pour la santé des populations exposées ;

2. de proposer des protocoles de métrologie et de dosimétrie pour les sites concernés par des échouages massifs d’algues ;

3. d’analyser la littérature scientifique à la recherche d’éventuelles conséquences sanitaires qui pourraient être liées à une exposition chronique à de faibles concentrations de sulfure d’hydrogène ;

4. de formuler des recommandations spécifiques pour les travailleurs exposés lors de la collecte et du traitement des algues vertes ; 

 5. de formuler des recommandations nationales de prévention pour le public et les riverains exposés aux émanations d’algues vertes, en fonction des seuils de toxicité éventuels et des nuisances notamment olfactives.
La saisine s’intègre au sein de nombreuses études et travaux déjà engagés, en particulier en Bretagne où des documents d’information destinés au public et des guides de recommandations de prévention adressés aux professionnels chargés du ramassage, du transport et du traitement des algues ont été élaborés et diffusés.

Méthode de travail :

La procédure de traitement des saisines en situation d’urgence sanitaire a été déclenchée par l’Anses au vu du délai d’instruction. L’Anses a constitué un groupe de travail compétent en évaluation des risques sanitaires, en santé-travail, en santé-environnement, en métrologie, en toxicologie et en chimie, auquel elle a confié l’expertise.
Les documents d’information et de recommandations élaborés en Bretagne ont été considérés comme la principale base de travail.
Les résultats des travaux de l’Anses se conçoivent comme un complément nécessaire à ces documents. Ils apportent des éclairages ponctuels sur les choix techniques à mettre en œuvre pour prévenir les principaux risques identifiés en l’état actuel des connaissances. Ils ne se substituent pas aux documents et réglementations existants qui demeurent applicables.

Afin de limiter les émissions dues à leur putréfaction, les algues doivent être ramassées fraîches, c’est-à-dire dans les 24 heures, voire dans les 36 heures succédant l’échouage et ensuite traitées dans les 48 heures. Au-delà de ces délais, les émissions risquent d’être telles que les ramasser, les transporter et les traiter demandent des moyens de protection à mettre en œuvre très contraignants. Quel que soit l’état de décomposition des tas d’algues, les travailleurs doivent s’équiper d’un détecteur de sulfure d’hydrogène (H2S) et baliser les chantiers de ramassage et de stockage afin de tenir les promeneurs à l’écart.

 En savoir plus :

 Avis de l'Anses (15 juillet 2010)



Focus
28/09/2009
La prévention du risque chimique sur les lieux de travail se fonde prioritairement sur le principe de la substitution (remplacement d’un produit dangereux par un produit non ou moins nocif) ou à défaut, de la réduction des concentrations des polluants aux niveaux les plus faibles possibles.
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