Les activités scientifiques
RECHERCHE
 
Recherche avancée
Flux RSS Faq   Glossaire   
Les activités scientifiques > Les agents > Piscines réglementées

Risques sanitaires liés aux piscines publiques

Datant de 1981, le contexte règlementaire associé aux piscines suppose une mise à jour prenant en compte tant l’évolution des pratiques que les nouveaux textes européens en vigueur. Pour réaliser cette mise à jour, les ministères en charge de la santé et de l’environnement ont demandé à l’Afsset de dresser un état des lieux des piscines ayant pour objectif la détection d’éventuels risques sanitaires. Ce rapport s’intéresse aux piscines réglementées au sens de l’article D1332-1 du code de la santé publique, dont les bassins sont alimentés par l’eau du réseau de distribution publique et destinés à un usage sportif ou de loisir. Il s’agit des piscines municipales, d’hôtels, de campings, de résidences de vacances, de gîtes, etc. Un second rapport viendra compléter celui-ci et s’intéressera aux piscines dites « atypiques », tels que les spas, les piscines thermoludiques, etc.

L’Afsset a été saisie le 22 décembre 2006 par les ministères en charge de la santé, de l’écologie et du développement durable, afin d’évaluer les risques sanitaires liés aux piscines.

Méthode de travail  :

L’Afsset a confié à son Comité d’Experts Spécialisés (CES) « Evaluation des risques sanitaires liés à l’eau et aux agents biologiques » l’instruction de cette saisine. Ce dernier a mandaté le groupe de travail « Evaluation des risques sanitaires liés à la qualité, aux produits et procédés de traitement des eaux de piscines » pour la réalisation des travaux d’expertise.

Les travaux d’expertise ont été soumis régulièrement devant le CES, tant sur les aspects méthodologiques que scientifiques. Le rapport du groupe de travail tient compte des observations et éléments complémentaires transmis par les membres du CES.

Une partie du rapport s’intéresse aux professionnels des piscines (maîtres nageurs, personnel d’entretien et personnel d’accueil), pour lesquels ont été évalués les risques liés à une inhalation chronique de certains sous-produits de désinfection toxiques, et en particulier de la trichloramine dans l’air. Des recommandations propres à cette catégorie de population sont proposées.

L’évaluation des risques sanitaires comporte :

1) l’identification des dangers chimiques et microbiologiques dans l’eau, l’air et les surfaces,

2) le recensement des populations exposées et les voies d’exposition,

3) la caractérisation des risques et la prise en compte des incertitudes.

Les dangers chimiques identifiés proviennent essentiellement de substances formées à partir des produits de désinfection (chlore principalement) et les matières organiques apportées par les baigneurs. Parmi plus de 400 substances répertoriées, seule une dizaine ont pu être étudiées, du fait de leur toxicité et de leur forte concentration dans l’eau car les autres sont pour la plus part dépourvues de valeurs toxicologiques de références. Les substances sélectionnées sont la trichloramine, les trihalométhanes, les acides haloacétiques et les bromates. Selon les scénarios établis et les populations observées (bébés, enfants, sportifs, travailleurs, femmes enceintes), l’étude ne montre pas de risque sanitaire concernant ces substances, excepté pour les chloramines qui peuvent être la cause de troubles respiratoires et occulaires chez les nageurs de haut niveau, les maîtres nageurs et les bébés nageurs et l’acide dichloroacétique qui pourrait être responsable d’adénome et de carcinome hépatocellulaire chezs les nageurs de haut niveau.

Les dangers microbiologiques ont été analysés et les germes hydriques pathogènes potentiellement retrouvés dans les piscines ont été recensés. Bien qu’aucune épidémie n’ai été recensée à ce jour en France, il apparaît que le risque microbiologique est essentiellement lié au manque d’hygiène des baigneurs.

Les recommandations issues de cette expertise et proposées par l’Afsset sont centrées sur une meilleure gestion de la qualité de l’eau, de l’air et des surfaces des piscines. Ces mesures portent notamment sur :

 l’hygiène : strict respect des mesures d’hygiènes par les baigneurs ; optimisation de l’agencement, de l'entretien et du nettoyage des locaux ; autorisation préalable à l’emploi des produits de nettoyage et des traitements complémentaires à la désinfection de l’eau. ; 

 le traitement de l’eau des bassins : mesures concernant le système hydraulique, la désinfection des pédiluves, la filtration, la désinfection ; 

 les paramètres de contrôle et de suivi de la qualité de l’eau lors du contrôle sanitaire et celui réalisé par l’exploitant

 le contrôle de la qualité de l’air : en effet, celui-ci n’est pas obligatoire dans les piscines, bien que certains sous-produits de désinfection présents dans l’air, tels que le chloroforme et la trichloramine, soient toxiques ;

 Au vu des bénéfices que pourrait apporter la pratique de l’activité bébé nageurs comparés aux risques qu’elle peut faire courir à une population particulièrement vulnérable, l’Afsset appelle à la vigilance sur la pratique de cette activité ;

 le suivi médical des professionnels qui est recommandé pour les personnels des piscines, et en particulier les maîtres nageurs.

 plusieurs pistes de recherche ont été identifiées au cours de cette expertise dont l’objectif sera d’accroître les données et les connaissances afin de compléter cette évaluation des risques, en particulier la construction de nouvelles valeurs toxicologiques de référence.

 En savoir plus :

 L'avis de l'Afsset (0,7 Mo)  

 La synthèse et les conclusions de l'expertise de l'Afsset (0,5 Mo)  

 Le rapport d'expertise de l'Afsset (4,5 Mo) 

 La couverture du rapport d'expertise de l'Afsset (1,5 Mo) 

 

 



Focus
28/09/2009
La prévention du risque chimique sur les lieux de travail se fonde prioritairement sur le principe de la substitution (remplacement d’un produit dangereux par un produit non ou moins nocif) ou à défaut, de la réduction des concentrations des polluants aux niveaux les plus faibles possibles.
>> Lire la suite